Dead computer

July 21st, 2006

La semaine a ete eprouvante. Nous avons emmenage dans notre nouvel appartement, eminemment vide. Une sorte de deco minimaliste, comme dirons les aigrefins. Nous avons embauche une poignee de copains pour y devider quelques voitures pleines de nos cartons, une demi-heure chrono. Evidemment, je ne retrouve plus ma bouilloire.

Les cartons trainent et traineront encore longtemps. Evidemment, les voyages chez Ikea. Epuisants a chaque fois. Evidemment les heures passes a monter nos meubles (nous n’avions strictement rien), evidemment il me manque trois planches de tiroir, evidemment. Le roi du bricolage.

Ensuite, la plomberie refoule, ca pue. Du destop, des coups de brosse, des coups de ventouses. Du noir plein les dents. Mais ca va a peu pres, ca fuit encore de-ci de-la. Nettoyage du tartre dans la robineterie. Ca coule droit, fini les ruisseaux aleatoires, et les inondations previsibles.

Les fenetres sont vieilles, leur cadre en bois travaille. Des courants d’air, evidemment, surtout ici. La colline est polie par les vents, et s’engluantit de brume des que le soleil tombe. Je colle de la mousse, je comble meme les plus grosses fissures avec de la pate a bois. Je devrais me mettre a la sculpture, j’ai bien aime.

Je resserre les vis sur les poignees de porte, j’installe des petits aimants pour que les placards ferment bien, je recolle les interrupteurs qui nous restent dans les mains a chaque utilisation. J’huile les portes coulissantes, je m’assure que les tiroirs ne sont pas grippes.

Mais voila: il n’y pas de prise de terre chez nous. Nulle part, ni dans les chambres, ni dans la cuisine. Pas de prise de terre… J’appelle la proprio, un peu inquiet pour l’electronique. Je vais chez Fry’s m’acheter une grosse multi-prise avec “surge protection”. Je ne l’installe pas tout de suite.

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On se croirait en vacances

July 19th, 2006

Je suis en ce moment en haut d’une colline battue par le vent d’ouest, toute fumante de brume salee. C’est chez nous maintenant. Petit a petit, nous remplissons l’espace. Les echos et le vide, au debut. Maintenant, la cuisine sent les epices et nos placards font flotter dans l’air ce melange familier de nos deux parfums.

La guitare cherche sa place.

Bois de houx

June 26th, 2006

En direct live de Hollywood, dans le gloom du petit matin.

J’espere que la folie du weekend va retomber. Samedi et dimanche, les boulevards et les avenues ont été prises d’assaut par des hordes de touristes, essentiellement americains, en quete de “celebrities” a croiser. Bizarrement, nous qui ne cherchons pas specialement a croiser ce genre de personnes, nous avons presque foncé dans la Mercedes de Mel Gibson, qui reajustait le couvercle de son gobelet de cafe en conduisant.

Visite du Lacma, hier, le Los Angeles County Museum of Arts. Un musee qui contient enormement de belles pieces, tres mal mises en valeur. Difficile de se pamer sur la non-pipe de Magritte quand elle se presente sur un mur olivatre, dans une lumiere faiblarde, sous un faux plafond moisi. Bel art islamique, et belles antiquites d’Asie, petite salle sur le Moyen Age en France (rare); un sacré pillage, tout de meme.

Bons concerts au Whisky-a-Gogo, sinon. J’aime bien l’ambiance glauque-glam du samedi soir sur Sunset. Je commence a me reperer dans la ville, et a meme trouver qu’elle degage une certaine chaleur humaine. A moins que ce ne fusse l’haleine des 12 millions d’Angelinos qui respirent tous le brouillard pollué.

Holding doors

June 20th, 2006

Beaucoup de choses ont change ces derniers temps. Un peu trop vite a mon gout, mais le changement apporte une certaine ivresse qui ma foi, n’est pas deplaisante.

On demenage, en moyenne, sept fois dans sa vie. J’en suis deja a plus, et pourtant je ne m’y fais pas. Ce n’est pas le changement d’environnement qui me gene, j’aurais meme plutot tendance a aimer le nomadisme. C’est le demenagement en soi. Les cartons de dix tonnes, les dons aux clochards du coin, la valse des poubelles, la perte de clefs a repetition, les portes a tenir avec la jambe, les voitures qui croulent, les bras qui s’allongent, le camping dans un appartement qui resonne le vide. Evidemment, a chaque fois, c’est flash-backs, souvenirs, photos, lettres, et tout un passe heureux qui ressurgit dans la poussiere brassee. Et puis vient le moment ou l’on referme sa porte pour la derniere fois, avec l’impression que derriere cette porte close, un morceau de notre passe nous quitte. Et puis on se met en route, et on passe outre tres vite, parce que ma bonne dame, c’est la vie.

Nous nous sommes d’ailleurs mis en route vers l’aeroport de San Jose, ou nous attendait l’avion pour Los Angeles. Trois semaines pour venir a bout de chaque allee et chaque contre-allee de ce Leviathan urbain, avant de revenir construire notre nouveau nid a San Francisco. Au centre-ville cette fois, youpi -sans jeu de mots. Stanford, pour info, etait a une quarantaine de minutes au sud du centre ville de San Francisco. La, nous serons en haut d’une colline en plein coeur de la ville. Chouette chouette. Et oui, je vais me refaire un petit “home-studio”, chose qui m’a manquee ces derniers temps, comme vous pouvez le constater dans la rubrique mp3 qui accumule la poussiere.

Allez, il faut que je coupe, l’heure allouee au visiteur de la bibliotheque de Santa Monica touche a sa fin.

A bientot.

Dr. H

My biggest gig

May 14th, 2006

Comme vous pouvez peut-etre l’avoir constate, rien de tres neuf sous le soleil de ce blog. Non, je ne suis pas las d’ecrire ici, au contraire. Non, la source d’inspiration ne s’est pas soudainement tarie. Non, je n’ai pas migre a Katmandou avec mon copain le yack. Non, je ne suis pas en train de mijoter un nouveau site, meme si j’aimerais bien changer radicalement de format et que ca arrivera un jour. Non je n’ai pas disparu dans une faille de l’inter-continuum espace-temps, et non mon ordinateur n’est pas plante (je touche du bois).

C’est juste que je suis en plein dans la redaction de mon manuscript de these phase finale.
Soutenance le 30 mai, 13h15, salle 104, Green Earth Science Bldg, Stanford.

My biggest gig ever.

Alors en attendant, sous-marin.

Fire claws

April 25th, 2006

fireclaws.jpg

Les gerbes d’etincelles griffent la nuit floridienne. Un eclat si fort qu’il brule les pupilles et desseche les gorges. Les cous se tendent et se retractent a chaque detonation. Au milieu, on a pose ce chateau en plastique, ridicule par son essence meme, encore plus ridicule par son ceintrage de flammes. Encore quelques chataignes de lumiere et les fines cendres de ce spectacle iront mourir sur le velours des plans d’eau. Et puis chacun retournera chez soi, le long de la maree des hommes qui marchent, qui suivent les fleches qu’on a dispose a leur egard. C’est un endroit qui n’incite ni a la reverie, ni a la reflexion. C’est un endroit ou la nostalgie est scenarisee, c’est un endroit ou l’on vient acheter un sourire.

Course de chiens

April 13th, 2006

DogRacing.jpg

A deux pas du circuit automobile de Daytona, les drapeaux a damiers s’agitent pour une autre ceremonie: la course de levriers. Neuf chiens (gabarit “petit papa de Noel” des Simpsons) lances a pleine vitesse a la poursuite d’un os en plastique accroche a une voiture telecommandee, avouez que c’est plutot drole. Et le plus drole, c’est le serieux avec lequel se deroulent les courses, on croirait une ceremonie du the tellement tout est codifie. Les chiens sont presentes au public, deambulent fierement dans leurs pyjamas de compet’, chaque parieur observe religieusemernt le levrier sur lequel leur mise s’est portee, et chaque maitre-chien encourage son petit protege.

Quand le coup de feu retentit, la meute se lance sans toucher terre a la chasse au petit nonoce en plastique. Toutes mes photos de course sont ratees et ne montrent qu’une longue ondulation floue et mal cadree.

Tous pirates !

April 11th, 2006

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Sur la cote Atlantique du nord de la Floride, quelques criques clapotent dans une vegetation tropicale. Une ruelle pavee sillonne contre de vieilles fortifications espagnoles sechees par le soleil, le silence, et le sel du vent. Plusieurs drapeaux flottent sur les placettes de cette ville portuaire, qu’on imagine volontiers etre la base arriere de quelques pirates des Caraibes. D’ailleurs, de gros barbus arpentent le pave perroquet a l’epaule, boucle a l’oreille, bandeau sur l’oeil. Les nuits y sont longues et joyeuses, les tavernes s’illuminent du crepuscule a l’aube, et on y trouve toujours un musicien ou un bagarreur pour mettre de l’ambiance. Les oiseaux chantent toute la nuit. Le vieux cimetiere, un peu plus a l’interieur des terres, est le seul endroit calme a la vingt-cinquieme heure. Seuls quelques touristes superstitieux s’amusent a venir visister les tombes en ballades organisees, a la lanterne. Mais tout est calme, les morts sont au bar en train de faire la bringue, avec leur petit squelette de perroquet.

Pensacola Kerozene

April 10th, 2006

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Dans la ville de Floride qu’on appelle Pensacola, les touristes passent en general assez vite. Les motards venant de la Nouvelle-Orleans, ou de Mobile, Alabama, y font une halte pour desalterer leurs chevaux vapeurs. Du bourbon quand ils iront s’endormir dans quelque motel cafardeux, le long de Garden Street. On y croise aussi des soldats, cheveux millimetriques, machoires carrees. Des pilotes de la Navy, des voltigeurs capables de voler a moins d’un metre de l’aile du copain. Ils sentent la toile de treillis et l’huile usee. On les entend rugir au-dessus de la presqu’ile trois fois par semaine, et les soirs, ils viennent rugir derriere les comptoirs de bars pouilleux, une barbie au bras. Les rues de Pensacola ont ete ravinees par quelques ouragans, et certaines maisons s’ornent de toitures textiles. Mais on donne le change; les hotels de luxe font face a la mer, et les restaurants vendent des toiles d’artistes locaux.
Au-dela du terminal de Greyhound, et apres la gare d’Amtrak, apres la vieille voie ferree du bout de la ville se trouve un bar-restaurant. Son nom: End of the Line. Le drapeau noir sur la porte d’entree, juste a cote de l’autocollant ‘Exploited’ donne le ton. On y entre, on est seuls. La serveuse, qui a plutot l’air d’etre la en depannage, est occupee a tapoter sur son telephone. Metal sur le visage. Encre sur les mains. Chewing-gum rose, dents perlees devoilees par un sourire lumineux. On pouvait rester dejeuner si on voulait, mais il n’y a plus grand chose au frigo. Ca nous ira bien. Un croque-monsieur au tofu, oui, c’est parfait. Avec une salade de boulghour, meme, si on voulait. On s’installe. On boira un de leur sodas alternatifs. Un a l’orange, l’autre a la fraise. Pas de Pepsi-Cola a Pensacola.

On raccroche les wagons

April 3rd, 2006

Post eclair juste pour dire qu’on est revenu sains et saufs du pays des alligators mangeurs d’hommes. Epuises mais ravis de ce qu’on y a vu. Je prends la liberte de ne pas tout devoiler la comme ca, a la va-vite. Je posterai des photos en temps voulu. Pour le moment, je mets en ligne un truc qui fait toujours super-plaisir, envoye par une demoiselle qui s’appelle Aelle et qui tient un blog comme je les aime: “des mots pour se taire”.


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