face au vide

mon voisin le chinois m’a tire d’une horreur de
sieste, avec son violon. ca faisait longtemps que je n’avais plus
fait de sieste. mais comme l’apres-midi a ete lassive, et comme il
se profile un weekend surbombe rempli jusqu’a ras-bord d’evenements,
il vaut mieux menager sa monture. le violon n’a pas derange helene,
qui
roupille
en faisant des bulles avec le nez. j’ai fini ma these,
j’ai rendu ma these, tony l’a signee avec un large sourire. a moi
les chapeaux carres et les longues toges noires. ce weekend, le president
peruvien (le celebre a. toledo) vient nous faire l’honneur de sa presence
pour une ceremonie de remise
de diplom
es qui devrait etre aux petits oignons. ca va surement
etre tres americain tout ca, avec pompoms et tralalas. n’exagerons
pas non plus: il y a un monde entre stanford et disneyland et je suis
sur que tout cela restera de tres bon gout. je ne touche pas trop
a ma guitare ces derniers temps. j’ai de droles d’envies de sons synthetiques,
des envies de rythmes acidifies, de synthes
qui grat
tent. la saison des concerts est finie, ici, a stanford.
le campus va se vider, et se transformer en grande colonie de vacances.
nous rentrerons, LN et moi, le 22 juin en lorraine. l’ete sera surement
bien plein, et moi, en ce moment, je me sens tout vide, heureux et
niais d’avoir fini encore un autre cycle de mon interminable parcours
scolaire. comme dirait l’autre, a ce rythme, pas la peine de compter
partir en retraite avant 163 ans. ca tombe bien, la, je suis pas presse.

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