Ratsenschwanz
Thursday, April 29th, 2004C’est en voyant son reflet dans les yeux d’un copain d’enfance que l’on prend conscience des meandres de sa propre vie. Le recul du choc est tel qu’on se retrouve propulse au dela de l’horizon des jours, dans les hautes spheres d’ou l’on observe les annees, les generations.
H est tombee par hasard sur Jean-Marc a Metz, alias Cyanure pour les amateurs de tek hard core. Choc quand H me l’annonce par telephone ! C’est avec JM que j’ai passe tous les petits caps de ma vie d’ecolier a celle de lyceen. Qu’est-ce qu’on a pu faire comme conneries ensemble. C’est certainement avec JM que je detiens le record du nombre d’heures a rigoler comme une baleine. On a ete gamins ensemble, a claquer tous nos mark (j’habitais en Allemagne) en bonbecs a la boulange. On a ete collegiens ensemble, a montrer nos culs dans le fond du bus, matin et soir. On a ete lyceens ensembles, a parler de bac et de filles. On a decouvert ensemble la musique, la vraie, celle qu’on faisait dans ma cave, lui a la guitare moi a la batterie, avec Fabien, Eric, Guillaume. Je salue encore une fois la patience de nos voisins, et du premier d’entre eux, mon pere, pour nous avoir laisse experimenter jusqu’ou les fusibles d’amplis tenaient le choc. On a compose notre premier morceau tous les deux (”Yvette, elle aime pas les miettes”). On s’est lance dans l’electro ensemble (”la danse de la bouclette”, “le rat pourri”). Puis il a fallu demenager.
Avoir continuellement avec soi le meme copain pendant plusieurs annees, ca parait banal pour beaucoup de monde. Ca ne l’etait pas pour moi: j’habitais dans une garnison francaise en Allemagne, et les militaires ne restent jamais longtemps au meme endroit. Mon pere, instituteur, y est reste 25 ans, le temps de voir defiler beaucoup de monde. Mes copains restaient, par la force des choses, environ 4 ans, puis disparaissaient dans les meandres des mutations. A part quelques exceptions, tous repartaient assez vite. JM, lui, y habite surement toujours. Sa vie etudiante est a Metz, fac francaise la plus proche, d’ou la rencontre-choc.
Putain, que je suis content d’avoir retrouve sa trace. Jean-Marc, a cet ete !