David Jacobs Strain
Monday, May 31st, 2004Punaise. Je viens d’assister a un des meilleurs concerts qu’il m’ait ete donne de voir sur le campus de Stanford. Il s’agissait d’un petit gars nomme David Jacobs Strain. C’etait epoustouflant: lui, tout seul, avec une vieille Gibson et un ampli regle a fond la caisse, jouant du blues facon Lightin Hopkins - c’etait chaud bouillant, comme dirait Jerome P. Son ampli gresillait fort au moindre effleurement de sa gratte. Du blues ecorche vif, hypnotique et envoutant. Hot hot hot. J’en suis reste baba.
La surprise de la soiree
Les autres groupes a cote, faisaient pale figure. Le funk-groovy-propret de the elements ne lui arrivait pas a la cheville. De la musique d’ascenseur, oserait-on dire; meme si les musiciens avaient bien appris leurs lecons. Brian Laidlaw, juste avant, a fait prestation honorable - il faut dire que les songwriters beaux gosses qui se le jouent Dave Matthews, ca m’agace toujours un peu; meme si c’etait objectivement pas mal. Je suis toujours surpris devant l’application avec laquelle les musiciens essaient d’imiter les autres musiciens plus connus. Et quand on voit tous ceux qui restent sur le carreau, on se dit qu’une idee originale ne marche qu’une seule fois - des qu’elle a ete exploitee, fini, plus la peine de reessayer de faire pareil. Alors autant innover, ou au moins donner l’impression d’innover.
Magie blanche
Mais la, le jeune bluesman a cloue tout le monde sur place. Remballez votre matos et vos gadgets hors de prix: une vieille Gibson et un ampli au bord de l’explosion et le monde vous appartient. Pas besoin de jouer comme un dieu. Pas besoin de claquer des solos a faire palir un peau rouge. Non. Juste de l’emotion et de la puissance brute. Brutale, meme. Une grosse baffe a tous les artistes de canape, une bonne paire de gifles a tous les gratteux de camps de scout. Dix tonnes d’ame, rien de plus.