Archive for January, 2005

A hard day’s night

Monday, January 31st, 2005

Le temps d’un pique-nique au bord du Pacifique, et pfffuuiit: on repart. On se rencontre, on s’apprivoise, on explore le terrain, et puis juste quand ca devient bien, on plie les gaules et on s’arrache. Le temps dure longtemps, et la vie surement plus d’un million d’annees. Mais aujourd’hui, en ce moment precis, l’ami Vincent vole vers la France. Pour de bon. Pour du bon.
Tiens, je ne sais pas si je vous avais raconte un truc marrant: suite a une petite annonce enigmatique (genre: “cherche Ringo”), je me suis retrouve presque malgre moi a jouer de la batterie dans un groupe qui ne fait que des reprises de chansons des Beatles. Et puis attention, les vieilles chansons, bien mievres, bien cremeuses. I want to hold your hand et tutti quanti, le tout pour un bal 60’s qui aura lieu dans trois semaines. La repete a eu lieu dimanche dernier, c’etait vraiment la foire. M’enfin, je m’amuse et je ne vais pas bouder le plaisir de rejouer un peu de batterie. Mais de temps en temps, pendant qu’on martyrise les standards ecules, je m’amuse a imaginer le truc du point de vue d’un observateur exterieur, et je me dis que c’est pas joli joli.
Enfin a part ca, en ce moment, j’ai plein de boulot. Je n’en parle pas souvent sur ce blog, mais je bosse beaucoup histoire d’avancer dans ma these. Ce trimestre, je suis ‘teaching assistant’ du cours de simulation. Je dois aider toute une classe a simuler. Hin hin. A simuler des ecoulements convectifs biphasiques en milieux poreux, of course. Du coup, je passe mes journees a corriger des copies, et mes nuits a preparer d’autres devoirs, pour avoir d’autres copies, etc. Une petite grippe pointerait le bout de son nez la-dessus que ca ne m’etonnerait pas. Et pendant ce temps, Vincent doit survoler l’Islande.

WHAAAM !

Monday, January 24th, 2005

Que les fans de George Michael passent leur chemin, ce n’est pas de cela dont il est question dans ce billet, mais plutot de l’expo sur Roy Lichtenstein au SFMoma. Je ne passerai pas par quatre chemins: j’ai adore, vraiment. Alors plutot que vous detailler cette journee par le menu detail, je vous suggere de la recomposer vous-meme. Voici nos photos, et voici des liens vers le Moma, puis vers noe valley. Avec Miguel, notre cuistot japonais, nous avons fait virevolter la nourriture devant nous (comme dans l’aile ou la cuisse) a japantown.
Deux cd achetes de-ci de-la, de l’Americana, et du “holidays oh holidays“. Casse-croute au yerba buena , et enfin du chocolat a 100%. Un peu amer, argileux, meme. Bref, une tres bonne journee.

A very long engagement

Friday, January 21st, 2005

En francais: un long dimanche de fiancailles. C’etait beau, tout “simplement” beau. Le film se finit dans la douceur, dans le calme, presque dans le silence. Tout y est murement reflechi, jusque dans le plus petit detail. La lumiere bouton-d’or de la Bretagne, le teint bleme des champs de la Marne; le poids grave des obus, les crissements aigus des motrices diesel, legeres comme de la dentelle. De la Champigneulles, quelques biscuits sales, du fard a la creme fraiche. Les hommes ont l’oeil brave, et l’epaule large; les femmes ont les mains douces et le coeur tendre. C’est un film audacieux, presque fanfaron.

Je ne sais pas si les Americains aiment. C’est incontestablement un film pour les adultes; assez complique, assez riche, assez fort en gout, si on peut dire. On est tres loin du fast-food hollywoodien, des plaisirs fades et premaches, et des gentils petits films sucres, reconfortants de mediocrite. Non. La, ca souleve un peu le coeur, un peu comme la premiere fois qu’on avale un trait d’eau-de-vie.

Les blases du genre objecteront a Jean-Pierre Jeunet d’avoir la marotte des Amelie Poulain. Et bien, non; je ne trouve pas. Il y a certes une incontestable filiation (casting, brocantes, images), mais pas de redondance. Les instruments sont peut-etre les memes, mais la musique est toute autre. Allez, si la bouilloire siffle avant la fin de cette phrase, j’irai enlever le chouchou des cheveux d’Helene.

Open source et business plan

Tuesday, January 18th, 2005

L’ami Bill Gates a recemment tire a boulet rouge sur l’open source, brandissant une fois encore de trop le spectre de la sorciere communiste. Que les requins du grand capital se rassurent, ils peuvent dormir sur leurs deux ouies: open source peut rimer avec entreprise perenne, sans perdre son integrite et sa qualite dans cette jungle darwinienne. Voila le fin mot d’une discussion fort interessante qui a eu lieu ce soir a la graduate school of business de Stanford, regroupant entre autres monsieur JBoss (Marc Fleury), madame Mozilla (Mitchell Baker), et monsieur SourceForge (Pat McGovern).

Je ne vais pas vous detailler le debat, Helene le fera surement mieux que moi sur citizenvalley.org, mais l’idee est grossierement la suivante: inutile de vendre des licences, il faut vendre un service apres telechargement. Ce service sera facultatif. Un peu comme si on vous donnait le velo, mais qu’on vous fasse payer les lecons si vous en avez besoin. Et quand le velo est foutu, on vous en donne un autre. Les entreprises adoptant ce schema se developpent lentement, en degageant de faibles -mais stables- profits, bases uniquement sur leur expertise. Et pas sur un code source confidentiel dont la qualite serait suspecte et le suivi mediocre.

La qualite du code, et sa faculte a bien repondre aux besoins des utilisateurs restent donc les valeurs cardinales d’un open source constructif. Mais pour le rendre profitable, c’est sur le service aux utilisateurs, la documentation, et la vitesse de resolution des problemes qu’il faut miser. Les codes libres professionnels et dilettantes se distinguent de cette facon, et c’est a cet endroit que se niche le profit. Le venture capitalist de service, un grand baraque, tout de noir vetu, a grince des dents deux fois dans la soiree: une fois pour dire que open ou close source, les VC s’en tamponnaient le coquillard avec des pelles a mazout, l’autre fois pour dire qu’en open source, meme les projets qui marchaient (MySQL) ne degageaient jamais de gros profits, mais que bon, sur le long terme ca doit marcher. Et ca marchera.

A part ca, je suis aussi outre par tout le ramassis de traine-savates qui encombrent le departement de musique de Stanford. Et en fait, c’est meme plus general que ca: j’ai l’impression que le monde tourne au ralenti a cause de l’inertie formidable de tous les poids morts qui alourdissent toutes les branches de tous les systemes. Enfin, je sais pas; tout ce que je sais, c’est que je fais de mon mieux pour ne pas etre un de ces poids morts - apres, si j’y arrive, c’est a voir.

Choucroute exquise

Thursday, January 13th, 2005

Aujourd’hui, pour faire plaisir a Del4yo, et pour tous les expatries en mal de chanson francaise, c’est choucroute de chansons.

Z’avez pas vu Mirza?

Depuis que je suis loin de toi,
y a le telephon qui son
a propos de bottes d’oignon;
c’est le requiem pour un con.

Il jouait du piano debout,
sans jamais voir un cheval un hibou,
quand soudain, survenant de nulle part, surgit
la tourniquette a faire la vinaigrette.

C’est la tactique du gendarme,
a la brigade des stups:
leur donner des coups de pied pour de faux,
des oeufs au jambon, du pain grille, du cafe chaud.

Mon pere me dit “fiston,
qui dit toujours a quoi bon,
heureux qui comme Ulysse a fait
passer les oies sauvages
a la queue-le-leu”.

Evidemment, evidemment,
dans le port d’Amsterdam, y a
les sirenes du phare d’Alexandrie;
j’y pense et puis j’oublie.

Et maintenant
j’aimerais tant voir Syracuse,
“Soul” a rouler par terre,
le long des golfes clairs.

Mais je serai pendu demain matin,
quand San Francisco s’embrume.

-fin-

Gnierk gnierk, c’est Vincent qui va etre content.

Sous une pluie battante

Sunday, January 9th, 2005

Nettoyage lessivage mais au final, rien

De la grele sur la Highway 101,
du gravier dans le pare-brise;
on roule en machant des caillasses
vers l’horizon flou et les couleurs greiges.

Tout ce bordel ambiant qui ne se rince meme pas;
les caniveaux debordent de melasse.

Le chauve faisait des boites en etain,
avec du papier decoupe, deux couches de vernis,
“ta photo sur une boite pour 20 dollars”
La belle idee; j’y mettrai de la semoule.

Et comme il a plu toute la journee,
on a completement demenage notre appartement.
C’est fou comme le bordel qu’on a dans la tete
se range en meme temps que celui qu’on a chez soi.

L’occasion de retrouver un vieux fluide glacial “or serie”
et des affiches du concert d’Emmylou Harris,
du chocolat a la lavande, des bricolages d’oeuf kinder.

Il y a du feng shui dans l’air, la maison respire.
Dormons tranquilles - nos caniveaux clapotent,
nos egouts bouillonent, et nos oceans cavalent au loin.

Retour a Zornhof

Tuesday, January 4th, 2005

Il y a toujours eu quelquechose de derangeant pour moi dans l’idee d’etre attache a ses racines. Peut-etre est-ce la metaphore vegetale qui ne me parle pas - le nomadisme comme seul systeme, je le repete. Mais a chaque retour en Lorraine, je percois une sorte d’attraction etrange, qui echappe a la raison, un magnetisme personnel et inexplicable (le dernier CD d’Elliot Smith dure 57:57, si c’est pas un signe, arf).

Je me suis, par exemple, trouve au petit jour dans un sac de couchage chez Franck, Massive et Attack et Zubrowka - coi de bonheur. Sept annees de cheminement pour s’apercevoir que ce qu’on est, finalement, on le reste, et que c’est tant mieux. Rencontre postprandiale avec zero au rubis, entretien de vies en musique et de musiques en vie; les atomes s’accrochent. Un remix zero/septembre devrait voir le jour sous peu, garde un oeil la-dessus, ami lecteur, et en attendant, plonge une oreille dans ‘les ecrans‘ (chose a laquelle tu n’es biologiquement pas habitue).

Et puis il y a B&O, passes maitres dans l’art de la soiree hype a domicile, avec amis VIP, Lulu, Selima, et les autres, venus parfois de loin (Jobic, Julien). Discussions avec Blub; de quoi se sentir dix fois plus vivant. Avoir les pieds sur terre et la tete haute releve parfois du miracle. Et Fred, qui a toujours mon e-bow, et qui devrait enfin lacher dans la meute le cd d’Upco, ‘ce qui va bien’. Et il y a ceux que je n’ai pas vus et que j’aurais aime voir: JeFF, groupe de serie Z a lui tout seul (nouveau site, toujours aussi tarabiscote), les copains du lycee (pour les nostalgiques, le cyber-pelerinage se trouve sur le site du ferrariste), et les autres.

Et la famille, suffisamment etendue et etalee pour avoir le plaisir de passer a table de facon quasi-continue. Le taux de foie gras, bon vin, fromage, ne doit surtout pas descendre en dessous d’un certain seuil, non mais. C’est le sevrage qui va etre dur. Mes cadeaux de Noel? Mon best-of 2004? Mes resolutions pour 2005? Non, vraiment, j’ai pas le temps de prendre racine.
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Edit: mais vraiment, si vous insistez, voici les disques qui m’ont plu en 2004. En vrac et sans detours: Cocorosie [delta folk lo-fi], Joseph Arthur [sombres passages], Death Cab for a Cutie [reverberations sculptees], Band of Blacky Ranchette [malicieux et desabuse], zero7 [miles davis meets tricky], et quelques poids lourds (bjork, mark knopfler, pj harvey,…). Ma resolution pour 2005: essayer de pondre quelque chose de coherent, et donner plus de concerts. Vaste programme.