L’invitation
Thursday, April 28th, 2005Etant etudiant expatrie aux USA, je suis en quelque sorte un invite a la table de l’oncle Sam. On m’offre des conditions de travail exceptionnelles, je remplis mon devoir et je bosse en veillant a etre irreprochable. Evidemment, en tant qu’invite a cette table, on ne va pas donner des coups de pied au chien en douce. Evidemment on va flatter la maitresse de maison pour son raffinement. Mais quand meme. Je viens de recevoir mon appel de cotisation a l’assurance medicale de Stanford: $597(minimum) par trimestre! Ouille. Merci George, je penserai a toi quand les flics soigneront les angines blanches a coup de fusil a pompe dans le gosier. Et a ce que je sache, les pretres evangelistes ne guerissent pas encore les ongles incarnes. Education et sante ne sont resolument pas des valeurs cardinales pour certains bords politiques, alors que religion et securite, ah oui. Ca c’est patriote.
Alors apres, quand je tombe sur cet excellent article, plein de liens en cascade qui en disent long sur les sombres horizons politiques de ce pays, je grimpe aux rideaux. Ah, ce qu’on est bien en Californie, loin de tous ces acharne(e)s de la droite neo-conservatrice. C’est quand meme effrayant de voir le bon sens glisser inexorablement vers l’absurde. Effrayant. Il s’en est parcouru, du chemin.
Soyons serieux: fermons les eglises, et ouvrons des ecoles. Toutes les societes qui veulent se developper durablement le font avec la raison, pas avec des superstitions. La proliferation des eglises aux USA me fait fremir autant que celle des fast food. Les masses s’y empoisonnent de meme, et la crise de foi(e) risque d’etre tres amere; sorry Sam. Ce pauvre president, lui meme, n’est plus vraiment en odeur de saintete avec toute une bordee radicale de son parti. Et pendant ce temps, la moitie des USA s’etrangle de la betise de l’autre moitie. Sans faire de politique a trois sous, je constate amerement que ce systeme file droit dans le mur. Mais bien droit, comme il se doit.

