Archive for July, 2005

Los Angeles

Friday, July 29th, 2005

Quelques photos de notre petite viree a Los Angeles, le weekend dernier. Cette ville jouit d’un statut tres particulier, et je trouve qu’on y sent plus qu’ailleurs une sorte de gigantisme mele de superficialite. Une ville somptueuse en carton-pate, et cette metaphore file jusque dans l’attitude des autochtones.

Illustration de cette grandeur et decadence de l’empire: les precheurs de rue. Je n’en avais jamais vu, et je n’avais d’ailleurs jamais eu affaire avec l’un d’entre eux. Eh bien sur Hollywood boulevard, on peut vous sermonner sur le bon dieu en vous tendant des faux billets d’un million de dollars. Les arguments sont evidemment fallacieux; apres tout, ils ne font que repeter les mensonges qu’on leur a rabache - aucune rationnalite a y trouver. Mais je me suis demande si ces precheurs de rue, des jeunes “cool”, qui arranguent les masses avec violence, etaient communs. A Teheran ou a Lagos, peut-etre, et encore, je me demande.

Je n’ai rien contre les bondieuseries. Chacun est victime de ses superstitions propres, en general leguees par tradition familiale. Mais l’etalage public de discours communautarisants et irrationnels me semble extremement dangeureux pour la societe. Je vois d’un tres mauvais oeil cette religion qui s’immisce pernicieusement dans la sphere sociale, politique, et meme economique, et je commence a croire que le discours religieux, pousse juste un cran plus fort, est en train de rendre le monde fou.

Edit: Tres bon article a ce sujet chez Sale Bete.

Resultats du concours de blagues

Monday, July 25th, 2005

Allez, ici, c’est comme a l’ecole des fans, on met 10/10 a tout le monde, parce que tout le monde merite bien ca. Arno, Mr Strau, Sixtiz, Sushi-san, et Zydeco, je vous felicite pour le choix de vos blagues qui, dans leur courte longueur, reflete certainement bien votre sens de l’humour, individuel et portatif. Bravo donc, “two thumbs up”, comme dit par ici.

A mon tour donc de vous raconter une blague d’un autre genre. Ayant eu recemment quelques ennuis de sante, je dois me piquer deux fois par jour avec un produit que je ne citerai pas, mais que les connaisseurs reconnaitront. Il se trouve que chaque injection, ici, coute environ $90. Et non, malgre le prix, il ne s’agit pas d’aller chasser le dragon deux fois par jour.

Bizarrerie du destin, cette substance vient de France, ou elle est vendue a… 3 euros la seringue, et encore, en voyant large. Double ironie du sort, ce meme produit est distribue aux hopitaux francais a quelques centimes d’euros la dose [legal disclaimer: attention, ces chiffres ne sont que des estimations que je n’ai pas le moyen de verifier].

Alors, a votre avis, pourquoi tant de difference? Quel est le plaisantin qui s’amuse a deplacer la decimale sur le prix?

A clean title

Wednesday, July 20th, 2005

En ce moment, j’accumule les conneries. Mon probleme, c’est qu’une fois que je cafouille, en general je suis vite destabilise et les mesaventures facheuses s’enchainent. Du coup, je m’enferme chez moi avec du chocolat et du the noir, et je joue de la guitare - c’est plus sur.

J’en ai d’ailleurs profite pour enfin passer a Movable Type 3, qui n’est pas encore totalement fonctionnel, d’ailleurs. Si vous avez un login TypeKey, vous pouvez l’utiliser en cliquant sur le lien. Meme si ca n’a pas l’air de marcher, ca marche a peu pres. Quand ca marchera vraiment, j’autoriserai les utilisateurs de TypeKey a mettre du HTML dans leurs commentaires. Wouah la classe. Et les trackbacks marchent aussi, d’ailleurs. Je ne sais pas trop bien a quoi ca va servir tous ces gizmos, mais on verra bien.

Bon - pour rompre l’humeur morose qui flotte en ce moment un peu, je propose de lancer un concours de blagues courtes. La consigne est simple: la blague ayant le meilleur rapport drolerie/longueur gagne! Allez, histoire de se mouiller un peu, je commence:

“Deux oeufs sont dans une poele:
- au secours! ils vont nous faire cuire !
- ahh au secours ! un oeuf qui parle…”

Hum hum.

L’arnaque du jour

Monday, July 18th, 2005

Ca y est: j’ai pris mon premier PV aux USA, et meme si d’habitude ce genre d’evenements m’en touche une sans faire bouger l’autre, la, j’etais quand meme effare par la mauvaise foi du planton. J’allais chercher un copain a l’aeroport de San Jose, je gare ma voiture dans la “depose-minute”, et puis je sors le temps d’aller regarder (sans quitter ma voiture des yeux) les ecrans d’information que j’apercevais a travers les portes vitrees du hall. Temps de l’operation: cinq secondes montre en main, serieux. Je ne suis pas stupide: je sais qu’on ne doit pas abandonner son carrosse dans une depose-minute d’aeroport. Je me retourne, et la je vois le flic qui s’approche tout content avec son carnet en main, et qui commence a ecrire. Je l’interpelle pour lui dire que je suis la, a dix metres de ma voiture, et que j’allais partir. “Too late buddy”. L’enfoire n’attendait que ca. I am not your buddy, vermine.

La, son cheque de $34, j’aimerais lui enfoncer dans la gorge avec du gros sel. GRRR*&^#*&#. Et ce que je deteste par dessus tout, c’est ce cote condescendant qu’ont les flics d’ici ou d’ailleurs a prendre le chaland soit pour un pigeon taillable a merci, soit pour un criminel multi-recidiviste coupable de tout. Et qu’on m’epargne le couplet sur la securite et la protection, please. Par definition, une societe repressive n’est jamais sure.

test trackback

Sunday, July 17th, 2005

Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Rock music is for grannies now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now. Pop music is for kids now.

Beck Oh

Wednesday, July 13th, 2005

C’etait le joyeux bordel. On ne peut pas qualifier autrement le concert de Beck que nous venons d’aller voir. Le saint merdier. Je n’ai jamais vu un tel capharnaum sur une scene: des grelots, des clochettes, des amplis, des batteries (oui oui), des samplers, des vieux bontempis, des guitares bas de gamme desaccordees… Et tout ca sonnait monstrueusement bien. C’est presqu’etonnant comme ca jouait bien. Faut dire que les musiciens, sous leurs airs de charlots deguises, connaissent leur affaire et posent un socle solide sur lequel le petit Beck, avec un poil d’ego de star, papillonne joyeusement.

Point d’orgue du concert

On a frole le cataclysme de beaute a un moment ou le concert semblait vaciller vers le cote fumiste de la force. En effet, a mi-programme, Beck remercie ses cinq musiciens, branche sa Martin, et commence a fredonner quelques vagues chansons decousues. De fumeuses reprises acoustiques des flaming lips, et de quelques standards ecules de ce que les 80’s ont fait de plus decadent. Pendant ce temps, les musiciens s’installent sur une table dressee dans un coin de la scene, on leur apporte de la soupe et de l’eau, une corbeille de fruits, un jeu de cartes rouge. Beck farfouille quelques chansons, sans se soucier de ses comparses, qui rigolards, taillent le bout de gras. Il entame “Golden Age”, la chanson qui ouvre son precedent album, Sea Change (a mon avis la seule bonne chanson de ce disque). Petit a petit, les musiciens attables battent la mesure, chantent les choeurs, et se servent de leurs couverts, verres, assiettes, comme instruments a percussion. Le magma enrhume que Beck faisait sortir de sa guitare s’est progressivement transforme en une symphonie de cliquetis de verre, des choeurs a cinq voix, de claquements de mains et de pieds. Un petit moment de grace.

Le tigre

Pas Hobbes, celui que Calvin tient pour ami. Non, le groupe. C’est Le Tigre qui assurait la premiere partie du concert. Honnetement, je m’attendais a mieux. Un vieux trip dans le mauvais gout des 80’s (maudite decade), avec des chansons un brin braillardes et atonales (genre “ca plane pour moi”), et surtout beaucoup de ‘karaoke’. C’est le plus gros probleme des groupes electroniques qui ne font qu’appuyer sur ‘play’. Laissons leur l’originalite de leurs choregraphies, energiques et facetieuses, et le choix de leurs tenues de scenes, soigneusement elaborees. Meme si les CD doivent etre bons, le live n’est malheureusement pas a leur avantage.

Aux pieds des geants

Sunday, July 10th, 2005

Viree californienne, ce weekend, en trois etapes: Sequoia National Park et ses monuments vegetaux, San Juan Bautista et son passe missionaire, et Salinas, sous la plume minutieuse de Steinbeck. Ca fait du bien. Nous sommes fourbus, mais ravis. Allez, dodo. Je vous laisse avec quelques photos, en attendant d’avantage de texte.

Terreur et probabilites

Thursday, July 7th, 2005

Je me rappelle Patti Smith, lors d’un concert, qui disait “there is nothing to fear, but fear itself”. La peur de la peur de la peur se demultiplie, monte en puissance et devient vite irrationnelle. Avec en fond sonore CNN et les attentats de Londres, je me pose quelques questions.

“War on terror”: je crois que ces termes cachent la verite. La guerre a la terreur n’est pas une idee de la raison; c’est un raccourci semantique maladroit destine a faire transparaitre une vision, plus qu’une realite pragmatique. Parler de ‘guerre au terrorisme’, un peu plus realiste, me semble bancal, tout au mieux. Meme si le terme se finit en -isme, le terrorisme n’est pas une ideologie, c’est une methode de revendication illegale et condamnable, basee sur le hasard et la frappe d’innocents. Comment alors faire une guerre contre une methode? Bref, a nous rabacher ce genre d’idees amalgamees sur la guerre contre la terreur, on finit par perdre de vue les objectifs reels, tangibles. Empecher la mort arbitraire d’innocents, perpetree par des individus ou des organisations qui font prevaloir l’action violente sur le dialogue.

Ensuite, terreur et probabilites. Encore une loi statistique simple: le pire est toujours a venir. Toujours. Cette loi mathematique ne souffre aucune exception. Il y aura forcement toujours une plus grosse catastrophe dans le futur. Ayant par exemple etudie les tremblements de terre sous l’angle statistique, on peut garantir que le plus gros tremblement de terre de tous les temps reste a venir. Il y aura toujours une plus grosse crue, un plus grand incendie, une plus grande attaque terroriste, une guerre plus meutriere dans le futur. Ce n’est pas Nostradamus qui vous le dit, ce sont les mathematiques pures. Il y aura forcement un jour, un incident qui provoquera la mort d’un million de personnes. C’est sur. Faut-il pour autant verser dans la paranoia, evidemment: non. Un paranoiaque se conforte en se disant qu’il finira toujours par avoir raison, en bout de course. Mais la paranoia, meme si elle se drappe dans la legitimite finale, empeche toute reflexion et toute action perenne. Et on en revient la, a “there is nothing to fear but fear itself”.

A l’air libre

Monday, July 4th, 2005

Rebelote pour un sejour eclair a l’hosto - urgences, operations (oui, avec un s), soins, tout le tralala… Je viens de sortir, je suis encore peu zoque mais ca va. J’ai une sante plutot bonne, en temps normal - il ‘agissait juste d’une legere complication de mon intervention precedente: un caillot forme suite a sorte de probleme structural (une veine comprimee par une artere un trop vigoureuse - syndrome de May Thurner, pour les inities).

Mais je vais bien, merci, et je voulais juste vous le dire.