Archive for October, 2005

For what it’s worth

Monday, October 31st, 2005

There’s something happening here; what is ain’t exactly clear… Ces phrases, quand elles sont chantees par leurs auteurs, vous cinglent au visage. Neil Young, s’adressant a ses comparses: “c’est incroyable, a chaque fois qu’on joue ces chansons, elles prennent une autre dimension”. Crosby sourit, malicieux, Stills surnage, et Nash s’amuse dans une elegance atypique. Les voix n’ont pas change et s’harmonisent tout aussi bien. Je mettrai les photos en ligne demain. Aussi, en concert: Emmylou Harris et Bright Eyes. Je vous raconterai ca. J’ai rate Broadcast, qui jouaient la semaine derniere. Je mettrai les photos en ligne demain, pour l’instant, c’est trick or treat…
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La geopolitique des cancres

Monday, October 24th, 2005

Laissez tomber la boule de cristal et les manuels d’economie politique. Pour connaitre les grandes directions de la strategie de conquete americaine, le mieux est de s’adresser a… l’homme de la rue. Bon sens, candeur, spontaneite, le vulgum pecus presente certains traits de caractere communs avec des presidents americains proches du peuple. A la question posee “quel doit etre le prochain pays a envahir?”, les reponses sont edifiantes. Je vous laisse seul juge, voici le lien, je vous assure que ca vaut le coup. Ca file les boules.
Autre truc edifiant: Helene a ete voir ce soir la conf de Joseph Wilson, a Stanford. Joseph Wilson, c’est l’homme qui n’avait pas trouve de transactions nucleaires entre le Niger et l’Irak. Du coup, on lui a cherche des poux sur la tete au point d’inquieter sa femme agent de la CIA. La fameuse affaire Karl Rove, dont les medias se sont lasses un peu vite. Selon lui, le but avoue -oserais-je dire officiel- de Dick Cheney au debut de son premier mandat etait d’abolir la democratie americiane pour instaurer un empire; pas au sens figure, au sens propre. Comme le dit si bien mon opticien prefere, “on pleure de connerie, mon vieux, on pleure de connerie”.

La force du nom

Sunday, October 23rd, 2005

“L’atmosphere oublie tout en deux semaines”, nous disent les meteorologues, habiles autant pour leur sens de la formule choc (style ‘effet papillon’) que pour celui de la denomination. Seulement voila: ayant epuise plus vite que prevu la liste anuelle des noms de cyclones, les successeurs de cette furie de Wilma s’appelleront prosaiquement ‘alpha’, puis ‘beta’, etc.

Deux questions me viennent a l’esprit: d’abord, pourquoi affubler d’un patronyme ces tempetes tropicales? Et d’ou vient la singularite d’un nom propre? Il doit y avoir a la premiere question une reponse rationnelle, simple, et ininteressante que je ne vais pas chercher a donner ici. La deuxieme question m’interpelle d’avantage. Je la reformule en ces termes: pourquoi donner un nom propre a certains objets que des noms communs suffiraient a decrire?

Repondons par l’exemple. Tom Kelley, dans The Ten Faces of Innovation, nous affirme que pour le public, une “Viper” est a priori une voiture plus rapide qu’une “Lumina”, avant meme conception. Rien qu’avec un nom, une image se dessine. Des entreprises sont meme specialisees dans les “baptemes” d’idees ou d’objets. iPod, Excalibur, Swiffer, Twingo, Krispy Kreme - plus que des noms, des symboles, evidemment reductibles au mercantilisme ambiant. Une capacite d’analyse sommaire assortie dun bon sens de l’observation permettent de remonter a l’origine de ces messages “subconscients” (je n’aime pas le terme, trop galvaude). References culturelles, onomatopees, mutations et cross-over lexicaux; les techniques sont connues et utilisees quotidiennement. Nous sommes entoures de produits finis, resultats d’une cascade de methodes et d’etudes, et rien, meme le nom, n’est laisse au hasard (rares sont encore les inventions qui portent le nom de leur inventeur).

Les aborigenes ont cette conception mystique de la vie qui consiste a croire que toutes les choses, tous les etres, toutes les idees, se revelent au monde a l’instant ou elles sont nommees. Tout coexiste sans qu’on le sache, et l’existence se revele au grand jour par l’attribution du nom. Une sorte de verbe qui se fait chair, meme si la translation a perdu au change. Cette idee va meme jusqu’a perturber notre bonne vieille representation lineaire du temps, puisque le futur n’est finalement qu’une couche du present qui n’a pas encore ete revelee.

Voila peut-etre pourquoi les cyclones ont un nom. Pour mettre en exergue la vigueur de leur existence.

Yellowstone

Tuesday, October 18th, 2005

Bon. Je pense avoir a peu pres reussi a stabiliser le site sous Movable Type 3.2. J’aime bien ce logiciel, meme si honnetement, je n’ai jamais essaye wordpress ou dotclear; essentiellement parce que Stanford met a disposition un cgi-bin, mais pas de SQL. Bref. Le vrai probleme, c’est que je n’aime pas les solutions clef en main, et j’aime bien savoir ce que je fais, au risque de passer beaucoup de temps a regarder dans le ventre de la bete. Je crois qu’il y aurait donc eu autant rintintinage avec n’importe quel autre soft.Ceci etant, si vous remarquez des choses bizarres sur ce site, ecrivez-moi.

Changement de sujet; je profite de ces quelques posts d’essai pour mettre en ligne des photos de cet ete, a Yellowstone. Je vous laisse seul juge, face a la grandeur de l’endroit.

Phases transitoires

Monday, October 17th, 2005

Peu de posts en ce moment, pour diverses raisons. La raison principale etant que je viens de passer a Movable Type 3.2 et que contrairement a ce que dit la reclame, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Mais je vous tiendrai au courant de mes dernieres mesaventures, concerts, rencontres. Y a matiere.

Corporate Dinner

Thursday, October 6th, 2005

Deux hommes en costume anthracite sont venus au departement de petrole. Leur but: inviter la fine fleur du petrole a une sage libation dans le resto de Francis Ford Coppola, sur University Avenue. Peu impressionnable, j’accepte de delaisser femme et hamster le temps d’un diner. Nous voila donc, une petite dizaine, autour d’une table. Histoire de me donner matiere a cogiter sur les “Regles et usage du diner d’affaire”…

1. Tout est affaire de position dans le groupe - y compris au sens geographique du terme. Bien choisir son voisin de table est un art. Le novice se fait toujours pieger et laisse au hasard le soin de choisir sa place. Faute eliminatoire: s’asseoir a cote du chef de table. Eviter autant que possible de sieger du meme cote que le chef de table; un trois-quart face sera toujours le meilleur angle. Les tables rondes evitent ce genre de probleme, mais elles ont l’inconvenient de creer des sous-groupes de conversation.

2. Rien n’est informel et les entreprises n’offrent pas de diner pour le plaisir. On doit parler serieusement, pertinemment. Il faut savoir se positionner dans les conversations de la table. Ne jamais chuchoter avec sa voisine. Prendre la parole a bon escient et fuir les sujets suivants: politique, religion, musique. Ne pas abuser des banalites soit-disant federatrices sur le sport, la meteo, l’actualite. L’informalite de la circonstance est illusoire. Un diner d’affaire est aussi informel qu’une audition dans un tribunal. On n’est pas entre potes, meme si on fait semblant.

3. Le piege de la reconnaissance du ventre: sans s’extasier non plus comme bambi, il faut avoir l’air d’apprecier le geste. Un bon truc pour ca: toujours avoir une ou deux anecdotes sous le coude. Les Americains sont tres forts pour ca. A croire que toute leur vie n’est qu’une succession d’anecdotes tantot droles, tantot philosophiques, en realite souvent creuses. Mais ce moment de bavardage anodin permet, sur un mode leger, d’entrer dans une intimite choisie et d’etablir une relation de camaraderie. Toujours politiquement correctes, vos anecdotes doivent etre l’occasion de vous rendre sympatique en trente secondes. Un peu comme la rubrique fourre-tout du bas des CV. Tres important: etre a l’ecoute des anecdotes d’autrui, reagir avec tact et elegance; ce qui est loin d’etre evident.

Voila. Evidemment, avec l’espieglerie qui me caracterise, je m’autorise un peu de liberte et je transige assez souvent avec ces regles auto-dictees… D’ailleurs, j’ai beaucoup observe.

Assis en face de nous, au resto, un homme jeune et gras qui maniait la fourchette comme une pique, lacerait un gros morceau de steak rouge et saignant comme du chien.

Un de nos hotes parlait de ses filles; l’une etait championne de volley, l’autre voulait entrer a Harvard. Les deux etaient si mignonnes et si intelligentes, fallait voir.

La jeune serveuse du restaurant, qui n’etait qu’a moitie serviable, avait bien compris le petit bal qui se jouait a notre table. Elle observait la scene un torchon a la main, l’oeil torve, la mine aigre.

L’image sans le son

Saturday, October 1st, 2005

Quelques photos prises a la volee, lors de concerts a Metz, avec Maddy Faetherstone la premiere fois, et avec Jupiter and Beyond the Infinite la seconde fois. Un vrai plaisir. D’ailleurs, j’invite le lecteur assidu que tu es a aller piocher du cote de la radio-blog de Zerodegre, pour ajouter le son a ces images. Girls just wanna have fun.