Archive for January, 2006

Four times two

Tuesday, January 24th, 2006

Mon groupe ideal. Quatre membres maximum. Une vraie batterie pour la dynamique, avec un son assez mur, pas trop claquant. Un batteur subtil qui questionnerait en permanence l’utilite de son jeu, sans se prendre la tete non plus. Grosses cymbales fines, tres profondes. Des K d’epoque, et une ride rivetee qui se poserait la, surtout quand jouee aux mailloches. Bassiste qui jouerait a travers une fuzz legere et un son cartonne, comme sur melody nelson. Pour le look, une basse Rickenbacker noire. Jeu de basse leger et bondissant. Guitariste specialiste des effets en tous genres, capable de faire apparaitre des couleurs un peu acidulees de toutes les melodies. Tremolo et delay, au minimum. Pas un guitar hero, mais un jeu plaisant et pas trop artificiel. Clavieriste touche a tout; capable de faire sonner un Hammond autant qu’un Prophecy, tout en gardant un oeil sur le laptop a ses cotes, qui pilote un projecteur video. Pas trop en avant, le clavier. Sons annees 80 a eviter. Le DX-7 et les TR-808 peuvent rester au placard. Au chant, tout le monde, mais sans exagerer les polyphonies.
Des volontaires?

Virage a droite

Friday, January 20th, 2006

Me voici de retour en Californie apres quelques semi-vacances en France. Pour ceux qui s’inquietent de ma petite sante gastrique, tout va bien. Je ne vomis plus a tout bout de champ comme Dominique Farruggia. Donc tout va bien, merci. Je reflechissais a certaines choses que j’avais vues et entendues en France, et une chose en particulier m’a interpelee: un deplacement sur et sensible du centre de gravite politique vers la droite.
Jusque la, ce n’est pas une exclu que je vous delivre. Ca se voit comme un elephant dans un petit couloir.
Ce qui est plus etonnant, c’est que ce virage a droite s’opere chez les adolescents et les jeunes adultes, frange de la population traditionellement a gauche. En tous cas, les jeunes avec lesquels j’ai pu discuter, pour peu qu’ils constituent un echantillon representatif. Je trouve ca assez inquietant, et ce pour la raison suivante: il y a une tendance quasi-naturelle a deriver vers la droite en prenant de l’age. C’est presque normal: la droite, conservatrice par essence, seduit a la mesure des possessions accumulees. Autrement dit, en prenant du galon et en s’etablissant socialement, la plupart des gens ont tendance a glisser vers des moeurs plus conservatrices.
En revanche, voir des jeunes virer a droite, c’est presque comme une inversion de la pyramide des valeurs politiques. Cela ne laisse rien augurer de bon. C’est ce genre de renversements qui nourrit les partis neo-conservateurs.
Et a cote de ca, mon pere m’a malicieusement glisse le grand betisier du Canard Enchaine dans la valoche avant de partir. Histoire de ne pas perdre le nord.

Deux janvier

Monday, January 2nd, 2006

Le plus dur, c’est pas le premier janvier, c’est le deux.

Cloué au lit avec une bonne dose de fièvre et un estomac en vrac, j’ai commencé l’année en beauté. Il m’arrive souvent de tomber malade lors de mes retours en France, en général dans les trois premiers jours. Des maladies virales essentiellement: grippe, gastro, ou un joyeux mélange des deux. A croire que mes anti-corps ne sont plus habitués à l’air d’ici, et que j’ai perdu la bonne habitude de me faire pourlécher les joues par dix mille personnes depuis mon retour.

J’ai repeint la salle d’attente de mon médecin hier matin. Je ne sais pas si c’était le reportage sur le dada à la télé, les Femme Actuelle spécial grosse bouffe, ou les gamins encroutés de petit lait qui dansaient la danse de Saint Guy, mais en tous cas, la nausée m’a retourné le coeur. Ils ont eu droit à un fabuleux feu d’artifice gastrique. Je plains les gens qui attendaient à mes côtés, avec leurs airs mous du genou. Peut-être même que certains ont vu en moi le spectacle terrible de leur propre mort. Sans savoir ce qui m’arrivait, je me suis retrouvé agenouillé sur un paillasson, agonisant de douleur et de honte, éructant tripes et boyaux dans le seau à parapluie qui se trouvait sur mon chemin.

Puis j’ai hiberné sous plusieurs épaisseurs de laine et de plumes. Je me suis littéralement éteint le temps d’une journée. C’est fou ce que le corps peut endurer. Je n’ai rien mangé ni bu. Je n’ai rien vu ni entendu. Je n’ai rien ressenti ni rêvé. Le noir total.

J’ai refait surface en fin de journée. Progressivement. En réintégrant étape par étape les idées, les sons, les couleurs et la lumière. J’ai remis à l’oeuvre les remèdes magiques de l’enfance: jusqu’à nouvel ordre, je carbure aux bretzels et au coca sans bulles.