Archive for March, 2006

Pamplemousses roses

Thursday, March 16th, 2006

Que va-t-on voir en Floride?

Des retraites mangeant des pamplemousses roses? Des alligators qui vivent tapis au fond de ruisseaux dans des lotissements fermees? Des fusees spatiales posees en equilibre contre le donjon du chateau de la belle au bois dormant? Le mont des oliviers a quelques enclabures de la maison de Mickey Mouse? Des etudiantes saoules fetant leur spring break sans penser au CPE qui ne les attend pas. Tout ca?

Oui, la Floride, vue de Californie, c’est tout ca. Notre programme sur Highway 280

Heart of Gold

Monday, March 6th, 2006

On revient, H et moi, de Heart of Gold, film musical ou concert filme de Neil Young. D’abord ebranle par la mort de son pere, puis frole par sa propre mort, Neil Young ecrit Prairie Wind, album a la fois humble et urgent. Il reunit ses amis musiciens dans le film de ce soir, Heart of Gold, et se pose tranquillement sur scene pour 1h40 de musique quasi-interrompue. Voix haute et vibrante, guitare scintillante, sourires precieux, tous mes os tremblaient pendant les moments forts de cette soiree. Je ne pensais pas un concert filme capable de transmettre autant d’emotion.

Quelques anecdotes marrantes, pour les amateurs du Loner:
- il y a un type qui joue du balai sur Harvest Moon, pendant toute la chanson, en rythme. Ce n’est pas le batteur qui fait les scchhht qu’on entend, c’est un balayeur professionnel.
- le jeune Neil Young, adolescent, depensait tout son argent de travailleur saisonnier dans le juke-box d’un bar du coin, a passer en boucle la chanson ‘Four Strong Winds’.
- Neil joue deux guitares: une HD-28 elimee qui aurait appartenu a Hank Williams, et une D-45 toute scintillante de nacre. Il joue aussi du banjo sur ‘King’, et s’amuse a imiter le chien (tres bonne imitation d’ailleurs).
- le realisateur a pris le parti d’occulter le public. Ou plutot, de ne pas le montrer et de se placer tres souvent face a la scene. Si bien que dans la salle de cinema, on se sent comme dans le public.
- le decor derriere la scene a quelque chose de tres artificiel. Comme un decor carton-pate de theatre. Le relief des personnages vivants et chantants n’en est que plus fort, dans cette anti-mise en scene.
- le bassiste, Rick Rosas, ressemble a Neil Young en indien…

Le chat

Thursday, March 2nd, 2006

Tout commence il y a une dizaine de jours. Une bonne amie americaine s’absente pour quelques jours et nous demande d’aller nourrir son chat, un matou casanier et timide, qui vit reclus dans son appartement suburbain. Nous nous acquittons de la tache, l’animal se porte comme un charme, et ne semble pas souffrir outre mesure du manque de relations sociales.

Saut dans le temps, vendredi soir, fin d’une semaine chargee. Nous voila dans un restaurant, six francais, trois non-francais parmi lesquels notre amie au chat. Attables autour d’assiettes grasses et copieuses, nous sommes bien a l’aise et parlons a batons rompus. Une tres bonne soiree. On ferme le restau derriere nous, on papote encore sur le parking jusqu’a ce que le froid nous chasse.

Saut dans le temps, avant-hier midi. Notre dejeuner entre collegues commence mal: la fille au chat tire une tete de dix pieds de long. Nous avons tous ete extremement deplaisants a son egard vendredi soir: en effet, nous avons converse entre nous en francais. Embetes, car coutumiers du fait, nous nous excusons platement. On comprend tous bien que cela puisse etre percu comme un impair.

Redaction d’un email d’excuse, en toute amitie. Une tache difficile que j’execute avec autant d’habilete que possible. Le sujet est delicat et la destinataire explosive. Je ravale ma salive, et j’ecrase innocemment le bouton ’send’. Deux bonnes heures plus tard, un email incendiaire embrase ma boite aux lettres. Je lis avec consternation, il faut meme que je coupe la musique. Les Sambassadeurs de Serge Gainsbourg, armes de tubas jusqu’aux dents, attendront. Ma reponse aussi; je n’ecris pas chaud.

Hier matin, au bureau, se tient une reunion exceptionnelle des francophones incrimines pour statuer sur cette affaire qui part en sucette. Ayant decide d’attendre que passe l’orage, nous decidons d’oublier cette histoire pendant quelques temps. Le soir, on va feter tous ensemble l’anniversaire de mademoiselle A au resto. Tres bon diner, ca fait du bien de parler d’autres choses.

Le fondant au chocolat arrive sur notre table, surmonte d’un batonnet a etincelles. On chante comme des casseroles pleines, on rigole trois bons coups. Le telephone sonne. C’est la fille au chat, qui hurle hysterique. Le chat n’est plus la. On n’est vraiment tous qu’une bande de cons, on doit lui rendre son chat, menaces, insultes. On vire au bleme. Dans ma poche, la clef de chez elle, que j’ai oublie de lui rendre…