Archive for April, 2006

Fire claws

Tuesday, April 25th, 2006

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Les gerbes d’etincelles griffent la nuit floridienne. Un eclat si fort qu’il brule les pupilles et desseche les gorges. Les cous se tendent et se retractent a chaque detonation. Au milieu, on a pose ce chateau en plastique, ridicule par son essence meme, encore plus ridicule par son ceintrage de flammes. Encore quelques chataignes de lumiere et les fines cendres de ce spectacle iront mourir sur le velours des plans d’eau. Et puis chacun retournera chez soi, le long de la maree des hommes qui marchent, qui suivent les fleches qu’on a dispose a leur egard. C’est un endroit qui n’incite ni a la reverie, ni a la reflexion. C’est un endroit ou la nostalgie est scenarisee, c’est un endroit ou l’on vient acheter un sourire.

Course de chiens

Thursday, April 13th, 2006

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A deux pas du circuit automobile de Daytona, les drapeaux a damiers s’agitent pour une autre ceremonie: la course de levriers. Neuf chiens (gabarit “petit papa de Noel” des Simpsons) lances a pleine vitesse a la poursuite d’un os en plastique accroche a une voiture telecommandee, avouez que c’est plutot drole. Et le plus drole, c’est le serieux avec lequel se deroulent les courses, on croirait une ceremonie du the tellement tout est codifie. Les chiens sont presentes au public, deambulent fierement dans leurs pyjamas de compet’, chaque parieur observe religieusemernt le levrier sur lequel leur mise s’est portee, et chaque maitre-chien encourage son petit protege.

Quand le coup de feu retentit, la meute se lance sans toucher terre a la chasse au petit nonoce en plastique. Toutes mes photos de course sont ratees et ne montrent qu’une longue ondulation floue et mal cadree.

Tous pirates !

Tuesday, April 11th, 2006

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Sur la cote Atlantique du nord de la Floride, quelques criques clapotent dans une vegetation tropicale. Une ruelle pavee sillonne contre de vieilles fortifications espagnoles sechees par le soleil, le silence, et le sel du vent. Plusieurs drapeaux flottent sur les placettes de cette ville portuaire, qu’on imagine volontiers etre la base arriere de quelques pirates des Caraibes. D’ailleurs, de gros barbus arpentent le pave perroquet a l’epaule, boucle a l’oreille, bandeau sur l’oeil. Les nuits y sont longues et joyeuses, les tavernes s’illuminent du crepuscule a l’aube, et on y trouve toujours un musicien ou un bagarreur pour mettre de l’ambiance. Les oiseaux chantent toute la nuit. Le vieux cimetiere, un peu plus a l’interieur des terres, est le seul endroit calme a la vingt-cinquieme heure. Seuls quelques touristes superstitieux s’amusent a venir visister les tombes en ballades organisees, a la lanterne. Mais tout est calme, les morts sont au bar en train de faire la bringue, avec leur petit squelette de perroquet.

Pensacola Kerozene

Monday, April 10th, 2006

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Dans la ville de Floride qu’on appelle Pensacola, les touristes passent en general assez vite. Les motards venant de la Nouvelle-Orleans, ou de Mobile, Alabama, y font une halte pour desalterer leurs chevaux vapeurs. Du bourbon quand ils iront s’endormir dans quelque motel cafardeux, le long de Garden Street. On y croise aussi des soldats, cheveux millimetriques, machoires carrees. Des pilotes de la Navy, des voltigeurs capables de voler a moins d’un metre de l’aile du copain. Ils sentent la toile de treillis et l’huile usee. On les entend rugir au-dessus de la presqu’ile trois fois par semaine, et les soirs, ils viennent rugir derriere les comptoirs de bars pouilleux, une barbie au bras. Les rues de Pensacola ont ete ravinees par quelques ouragans, et certaines maisons s’ornent de toitures textiles. Mais on donne le change; les hotels de luxe font face a la mer, et les restaurants vendent des toiles d’artistes locaux.
Au-dela du terminal de Greyhound, et apres la gare d’Amtrak, apres la vieille voie ferree du bout de la ville se trouve un bar-restaurant. Son nom: End of the Line. Le drapeau noir sur la porte d’entree, juste a cote de l’autocollant ‘Exploited’ donne le ton. On y entre, on est seuls. La serveuse, qui a plutot l’air d’etre la en depannage, est occupee a tapoter sur son telephone. Metal sur le visage. Encre sur les mains. Chewing-gum rose, dents perlees devoilees par un sourire lumineux. On pouvait rester dejeuner si on voulait, mais il n’y a plus grand chose au frigo. Ca nous ira bien. Un croque-monsieur au tofu, oui, c’est parfait. Avec une salade de boulghour, meme, si on voulait. On s’installe. On boira un de leur sodas alternatifs. Un a l’orange, l’autre a la fraise. Pas de Pepsi-Cola a Pensacola.

On raccroche les wagons

Monday, April 3rd, 2006

Post eclair juste pour dire qu’on est revenu sains et saufs du pays des alligators mangeurs d’hommes. Epuises mais ravis de ce qu’on y a vu. Je prends la liberte de ne pas tout devoiler la comme ca, a la va-vite. Je posterai des photos en temps voulu. Pour le moment, je mets en ligne un truc qui fait toujours super-plaisir, envoye par une demoiselle qui s’appelle Aelle et qui tient un blog comme je les aime: “des mots pour se taire”.


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