Archive for the ‘Listen’ Category

Heart of Gold

Monday, March 6th, 2006

On revient, H et moi, de Heart of Gold, film musical ou concert filme de Neil Young. D’abord ebranle par la mort de son pere, puis frole par sa propre mort, Neil Young ecrit Prairie Wind, album a la fois humble et urgent. Il reunit ses amis musiciens dans le film de ce soir, Heart of Gold, et se pose tranquillement sur scene pour 1h40 de musique quasi-interrompue. Voix haute et vibrante, guitare scintillante, sourires precieux, tous mes os tremblaient pendant les moments forts de cette soiree. Je ne pensais pas un concert filme capable de transmettre autant d’emotion.

Quelques anecdotes marrantes, pour les amateurs du Loner:
- il y a un type qui joue du balai sur Harvest Moon, pendant toute la chanson, en rythme. Ce n’est pas le batteur qui fait les scchhht qu’on entend, c’est un balayeur professionnel.
- le jeune Neil Young, adolescent, depensait tout son argent de travailleur saisonnier dans le juke-box d’un bar du coin, a passer en boucle la chanson ‘Four Strong Winds’.
- Neil joue deux guitares: une HD-28 elimee qui aurait appartenu a Hank Williams, et une D-45 toute scintillante de nacre. Il joue aussi du banjo sur ‘King’, et s’amuse a imiter le chien (tres bonne imitation d’ailleurs).
- le realisateur a pris le parti d’occulter le public. Ou plutot, de ne pas le montrer et de se placer tres souvent face a la scene. Si bien que dans la salle de cinema, on se sent comme dans le public.
- le decor derriere la scene a quelque chose de tres artificiel. Comme un decor carton-pate de theatre. Le relief des personnages vivants et chantants n’en est que plus fort, dans cette anti-mise en scene.
- le bassiste, Rick Rosas, ressemble a Neil Young en indien…

Four times two

Tuesday, January 24th, 2006

Mon groupe ideal. Quatre membres maximum. Une vraie batterie pour la dynamique, avec un son assez mur, pas trop claquant. Un batteur subtil qui questionnerait en permanence l’utilite de son jeu, sans se prendre la tete non plus. Grosses cymbales fines, tres profondes. Des K d’epoque, et une ride rivetee qui se poserait la, surtout quand jouee aux mailloches. Bassiste qui jouerait a travers une fuzz legere et un son cartonne, comme sur melody nelson. Pour le look, une basse Rickenbacker noire. Jeu de basse leger et bondissant. Guitariste specialiste des effets en tous genres, capable de faire apparaitre des couleurs un peu acidulees de toutes les melodies. Tremolo et delay, au minimum. Pas un guitar hero, mais un jeu plaisant et pas trop artificiel. Clavieriste touche a tout; capable de faire sonner un Hammond autant qu’un Prophecy, tout en gardant un oeil sur le laptop a ses cotes, qui pilote un projecteur video. Pas trop en avant, le clavier. Sons annees 80 a eviter. Le DX-7 et les TR-808 peuvent rester au placard. Au chant, tout le monde, mais sans exagerer les polyphonies.
Des volontaires?

Un ecrin magnifique

Monday, November 7th, 2005

Finalement, je ne vais pas mettre en ligne les photos du Bridge school - en les regardant, elles n’etaient pas si bonnes que ca. Trop descriptives, peut-etre, pour etre de bonnes photos de concert. La quintessence de la photo de concert, c’est celle ou l’on peut entendre le son.

Pas envie de reflechir sur la violence dans les banlieues; je me souviens de ma prof de philo de terminale, la Kremer qui pronait deja a l’epoque la fin du regne de la toute-puissante tolerance. Non, il y a certaines choses que ne peut pas tolerer. L’idee meme de violence aleatoire est intolerable. La panacee du “dialogue social”, idee largement marketee, montre ses limites. Tonfas de CRS et cocktail molotov, voila peut-etre les arguments ultimes d’un dialogue qui ne pouvait pas avoir lieu.

Et comme ma vie est bien remplie de choses peu palpitantes (entretiens d’embauche, recherche, redaction de these, conception de websites pour le cineclub), je vais vous parler de mes derniers achats de CD, tiens. Au moins la, il y a du beau. Alors d’abord, les san franciscains: Black rebel motorcylce club avec leur album folkish “howl”. Les texans d’American Analog Set, avec “set free”. Les geniaux Death Cab for Cutie, avec “plans”, qui tourne en boucle en ce moment, et enfin, Arcade Fire, avec Funeral (ben oui il etait temps).

For what it’s worth

Monday, October 31st, 2005

There’s something happening here; what is ain’t exactly clear… Ces phrases, quand elles sont chantees par leurs auteurs, vous cinglent au visage. Neil Young, s’adressant a ses comparses: “c’est incroyable, a chaque fois qu’on joue ces chansons, elles prennent une autre dimension”. Crosby sourit, malicieux, Stills surnage, et Nash s’amuse dans une elegance atypique. Les voix n’ont pas change et s’harmonisent tout aussi bien. Je mettrai les photos en ligne demain. Aussi, en concert: Emmylou Harris et Bright Eyes. Je vous raconterai ca. J’ai rate Broadcast, qui jouaient la semaine derniere. Je mettrai les photos en ligne demain, pour l’instant, c’est trick or treat…
Page de pub pour une serie de podcasts vraiment bien:
pod en stock

Elixir et Jupiter

Thursday, September 8th, 2005

Amis terriens, voici encore un post publicitaire:

SEPTEMBRE + JUPITER AND BEYOND THE INFINITE
A L’ELIXIR, rue Mazelle, Metz
Ce vendredi 9 septembre, 21H.

Attention, les promesses d’Emmett Brown sont toujours decoiffantes. Un concert a ne surtout pas rater si vous etes de passage dans cette galaxie…

Maddy Faetherstone et moi au Cococabana

Wednesday, August 31st, 2005

Non, ce n’est pas le titre du dernier film d’Almodovar. Et bien qu’il y aurait eu des manieres plus cavalieres de reprendre la plume pixelisee qui emplit ces pages, avant meme de vous resumer en trois lignes mes vacances si bien rempliees, je m’autorise ehontement a faire un peu de pub en majuscules d’imprimerie. Voila:

CONCERT de SEPTEMBRE (c’est moi ca) VENDREDI 2 SEPTEMBRE 21H AU COCOCABANA A METZ AVEC MADDY FAETHERSTONE

edit: et non pas ‘Featherstone’

Merci a l’ami Zero qui a pu goupiller ca, et qui a meme prepare des flyers fabuleux.

Il va sans dire que si vous etes sur Metz ou n’importe ou dans un rayon de, allez, 500km, vous ne devez rater ca sous aucun pretexte. Plus de renseigements: ecrire chez ’septembre at gmail.com’. De quoi bien commencer le mois.

Beck Oh

Wednesday, July 13th, 2005

C’etait le joyeux bordel. On ne peut pas qualifier autrement le concert de Beck que nous venons d’aller voir. Le saint merdier. Je n’ai jamais vu un tel capharnaum sur une scene: des grelots, des clochettes, des amplis, des batteries (oui oui), des samplers, des vieux bontempis, des guitares bas de gamme desaccordees… Et tout ca sonnait monstrueusement bien. C’est presqu’etonnant comme ca jouait bien. Faut dire que les musiciens, sous leurs airs de charlots deguises, connaissent leur affaire et posent un socle solide sur lequel le petit Beck, avec un poil d’ego de star, papillonne joyeusement.

Point d’orgue du concert

On a frole le cataclysme de beaute a un moment ou le concert semblait vaciller vers le cote fumiste de la force. En effet, a mi-programme, Beck remercie ses cinq musiciens, branche sa Martin, et commence a fredonner quelques vagues chansons decousues. De fumeuses reprises acoustiques des flaming lips, et de quelques standards ecules de ce que les 80’s ont fait de plus decadent. Pendant ce temps, les musiciens s’installent sur une table dressee dans un coin de la scene, on leur apporte de la soupe et de l’eau, une corbeille de fruits, un jeu de cartes rouge. Beck farfouille quelques chansons, sans se soucier de ses comparses, qui rigolards, taillent le bout de gras. Il entame “Golden Age”, la chanson qui ouvre son precedent album, Sea Change (a mon avis la seule bonne chanson de ce disque). Petit a petit, les musiciens attables battent la mesure, chantent les choeurs, et se servent de leurs couverts, verres, assiettes, comme instruments a percussion. Le magma enrhume que Beck faisait sortir de sa guitare s’est progressivement transforme en une symphonie de cliquetis de verre, des choeurs a cinq voix, de claquements de mains et de pieds. Un petit moment de grace.

Le tigre

Pas Hobbes, celui que Calvin tient pour ami. Non, le groupe. C’est Le Tigre qui assurait la premiere partie du concert. Honnetement, je m’attendais a mieux. Un vieux trip dans le mauvais gout des 80’s (maudite decade), avec des chansons un brin braillardes et atonales (genre “ca plane pour moi”), et surtout beaucoup de ‘karaoke’. C’est le plus gros probleme des groupes electroniques qui ne font qu’appuyer sur ‘play’. Laissons leur l’originalite de leurs choregraphies, energiques et facetieuses, et le choix de leurs tenues de scenes, soigneusement elaborees. Meme si les CD doivent etre bons, le live n’est malheureusement pas a leur avantage.

Choucroute exquise

Thursday, January 13th, 2005

Aujourd’hui, pour faire plaisir a Del4yo, et pour tous les expatries en mal de chanson francaise, c’est choucroute de chansons.

Z’avez pas vu Mirza?

Depuis que je suis loin de toi,
y a le telephon qui son
a propos de bottes d’oignon;
c’est le requiem pour un con.

Il jouait du piano debout,
sans jamais voir un cheval un hibou,
quand soudain, survenant de nulle part, surgit
la tourniquette a faire la vinaigrette.

C’est la tactique du gendarme,
a la brigade des stups:
leur donner des coups de pied pour de faux,
des oeufs au jambon, du pain grille, du cafe chaud.

Mon pere me dit “fiston,
qui dit toujours a quoi bon,
heureux qui comme Ulysse a fait
passer les oies sauvages
a la queue-le-leu”.

Evidemment, evidemment,
dans le port d’Amsterdam, y a
les sirenes du phare d’Alexandrie;
j’y pense et puis j’oublie.

Et maintenant
j’aimerais tant voir Syracuse,
“Soul” a rouler par terre,
le long des golfes clairs.

Mais je serai pendu demain matin,
quand San Francisco s’embrume.

-fin-

Gnierk gnierk, c’est Vincent qui va etre content.

Hear Music

Sunday, November 28th, 2004

Ils ont ferme le petit magasin de disques; le seul magasin qui valait la peine sur le Stanford Shopping Center. Ce n’etait pas qu’un simple magasin de cd, c’etait une petite oasis de quietude musicale au milieu du buzz d’une galerie commerciale de luxe. Il n’y avait pas de vitrine, il fallait entrer par une petit porte en bois. On etait accueilli par des visages meditatifs, coiffes de casques et branches a des petits lecteurs argentes, assis tous en rond autour d’un large comptoir en bois miel. Des ancetres, des gamins, des technopouffes et des pseudoartistes, tous raccordes a ce petit ilot de musique. Les ilotiers-vendeurs, reconnaissables a leurs tatouages sur la gorge et a leurs sculptures capillaires, partageaient leurs petites trouvailles sonores avec passion et simplicite. Comme on sert une bonne fournee de biscuits chauds. On n’y ecoutait pas le tout venant, mais on y melangeait l’ancien et le nouveau, le sombre et le clair. On y vendait des ‘mixed tapes’ ou chacun mettait son morceau prefere, comme des petites cerises glanees patiemment, puis triees par themes. On pouvait encore decouvrir de nouveaux sons sans avoir besoin de chercher les stickers “vu a la TV”. Mais bizarrement, le loyer a triple d’un coup. Fini la musique, maintenant, d’horribles sacs a main roses s’exhibent dans les vitrines, refaites pour l’occasion, du chrome, du blanc, de l’halogene. C’est classe. Moi qui pensait pouvoir me passer d’Amazon, il ne me restera plus qu’Amoeba et Tower Records.

Heureusement, tout n’est pas perdu. Je suis agreablement surpris par la qualite des petites radios independantes qui emettent dans le coin. Si vous en avez ras la cacahuete d’entendre des pubs pour les sonneries de portable entre vos morceaux favoris de J-Lo, ecoutez KFJC ou KZSU (oui oui, on peut ecouter en streaming).

Polly Jean Harvey

Saturday, October 23rd, 2004

Difficile de decrire precisement l’ambiance du concert de hier soir, PJ Harvey au Warfield. Le concert etait sold out, salle comble, un public tout acquis a la cause, et malgre tout, il me reste un souvenir assez froid de la soiree. Peut-etre etait-ce du a la drole de lumiere blafarde du Warfield, qui faisait qu’on ne voyait de PJ qu’une frange noire soulignee d’une grande bouche rouge.

Magnetisme

Pourtant, de l’energie, il y en avait a foison, et elle ne manque pas de magnetisme. Grande asperge maigrelette, bottes de cowboy, mini-jupe, grosse guitare archtop rouge, voix sombre. Helene a raison, elle ressemble fort a Chrissie Hynde. Elle a joue beaucoup de bonnes chansons, beaucoup de trucs du dernier album (dont une version tranchante de Who the Fuck?). Deux rappels, dont ‘the Darker Days of Me & Him’, sublime, pour clore le tout.

La suite demain

Allez, voici un lien marrant pour finir. Je vous raconterai le concert de demain en detail. En attendant, voici le lien vers la Bridge School.