Archive for the ‘Move’ Category

US-395, plein nord

Tuesday, March 23rd, 2004

De long troncons de route moelleuse. A gauche et a droite, une lande qui peu a peu se dresse en montagnes neigeuses. Il fait de plus en plus frais, l’air devient humide. Apres avoir creve de chaud dans la Death Valley, sous le niveau de la mer, nous voila au pied du Mont Whitney (14,500 ft), sur des routes enneigees. Grand bien nous a pris de stopper au Visitors Center de Mammoth Lakes. Nous apprenons que Bodie, le village fantome dans lequel nous voulions aller demain est pris dans les neiges, sans acces possible, et que Monolake est quasiment inaccessible. Moralite, les deux bonnes femmes du visitors center nous conseillent fortement de monter jusqu’a Tahoe. Mouaif.
On passe a Monolake; effectivement, on est seuls au bord du lac. Le lieu n’en est que plus beau. Ca sent la sauge, le petit buisson d’epine, le trou de souris. Quelques heures plus tard, nous voila en pleine station de ski, a la frontiere du Nevada (= Casinos). Les neons gresillent, les machines a sous cliquetent, aux commandes, de vieilles hagardes qui se balladent avec des seaux de pieces sales. On perd $4.50, juste pour le folklore, et on mange sous une vieille Strat dedicacee par Bruce Springsteen. On allume le chauffage dans la chambre du motel. Ce soir, apres la fournaise de la Death Valley, nous dormons au creux de la montagne, dans un petit trou enneige.

Dow Villa, Lone Pine

Tuesday, March 23rd, 2004

En arrivant a Lone Pine, hier soir, rien ne laisser penser que l’escale serait aussi agreable. La bourgade ressemblait vaguement a un village rue, avec quelques saloon de part et d’autre de la route, parcourue par d’enormes camions rutilants, lourds comme des locomotives. Apres avoir depose notre paquetage poussiereux dans un super motel (un luxe auquel nous ne sommes pas habitues: baignoire a remous et tutti quanti), nous sommes partis a la recherche d’un bon vieux resto du far west, et nous l’avons trouve! Au menu, poulet roti sauce barbecue avec soupe pour moi, et salade du chef pour Helene, et le chef avait l’air de s’y connaitre. Ce matin, nous avons deambule dans Lone Pine a la recherche de deux bandits celebres (cf. photo bientot), puis nous avons decolle vers le nord.

Vers Lone Pine

Monday, March 22nd, 2004

Aujourd’hui, apres un solide petit-dejeuner, nous partons pour Bad Water (le point le plus bas des States, 86m sous le niveau de la mer). L’endroit porte bien son nom. Une petite flaque d’eau croupie, entouree d’une carapace de sel. La lumiere transperce les pupilles. Tout ce blanc par terre. Il fait chaud, tres chaud. On se rappatrie dans la seule ville de la vallee ‘Furnace Creek’. On prend le cafe dans un bar de cowboys. Achat de quelques bricoles, cartes postales, visite du musee du Borax, puis route. En passant, on decide d’aller voir Darwin Falls, une chute d’eau recommande par la fille de l’hotel. Moralite, on crapahute avec notre pauvre Mirage sur une route de caillasses qui s’etire a perte de vue. Le ciel tourne a l’orage. Il fait soudainement frisquet. Pas ame qui vive. On laisse la voiture sur le bord de la route. On marche. L’endroit que nous foulons ressemble au lit d’une riviere assechee. Des avions de chasse (des F-18) passent bas au-dessus de nous, avec des grondements inquietants. On rebrousse chemin pour ne pas se laisser pieger par l’obscurite, ou la pluie. Les orages sont si violents par ici qu’ils peuvent noyer des vallees entieres en quelques minutes. On repart.
Le soleil se couche, lumiere mordoree. On s’arrete au bord de la route pour prendre des photos. Helene reprend le volant. Elle fonce (tu crois que c’est limite a combien?). La route file tout droit, avec des petites bosses. On trace jusqu’a Lone Pine, en esperant que cette ville sera plus grande qu’Olancha. Le paysage est magnifique, je referme le portable pour m’en remettre plein les mirettes…

Night in Death Valley

Monday, March 22nd, 2004

Rarement vu quelquechose d’aussi impressionnant. Le soleil, en tombant sous l’horizon, chauffe au rouge les croutes de granite, de gneiss, de gres. Alors que nos yeux se saoulent de lumiere polychrome, le crepuscule s’epaissit, pour ne laisser finalement qu’une nuit noire comme du satin, scintillante d’etoiles (lune noire, ce soir). On roule a toute allure en fendant la penombre, seuls sous le ciel. La vitesse (largement excessive) et l’air de la nuit qui nous bat les oreilles par les vitres ouvertes nous grise. On ne capte aucune station radio, silence total. Helene me demande de lui donner des titres de chansons qu’elle chanterait. Gainsbourg, d’abord, Bonnie and Clyde, puis Voulzy, puis Dutronc, Vian, et meme Hugues Aufray (stewball). On arrive au motel sur la Compagnie Creole; il etait temps qu’on arrive ! Le motel vaut son pesant de cactus: style vieil ouest, avec des piaules minuscules dans des bungalows en bois. Le coin est super agreable. Sous un bel arbre (un faux-poivrier), des transats font face a la Sierra Nevada. La vue porte a des kilometres. Le personnel est vraiment gentil, avec un petit cote ‘delivrance’, malgre tout. Le manager, un jeune qui ressemble a Axl Rose, s’adresse a nous en nous appelant ‘kids’ (what can I get you kids? Another Heineken?). On dine tranquillement sur le porche du motel. Tisane, et au lit.

CA-190, vers Panamint

Sunday, March 21st, 2004

On pensait s’arreter pour casser la graine a Olancha. Il se trouve qu’Olancha est si petit que nous sommes passes au travers sans meme le voir. En tournant vers l’est, vers la Death Valley, le paysage change radicalement. Desert. Helene, qui roule toujours, me reclame Atom Heart Mother, des Pink Floyd. Vitres ouvertes en grand, musique a fond la caisse. Le paysage lunaire et la musique abstraite des Floyd creent une forme surrealiste de tension esthetique. Ceux qui connaissent Atom Hearth Mother, l’album avec la vache, me comprendront. Dans ce chaos mineral, desertique, cataclyctique, on avance sans se parler.

CA-395, vers Olancha

Sunday, March 21st, 2004

Nous avons traverse la Sierra Nevada par le sud. Helene, qui roule tranquillement, chante entre ses dents (”well I dreamed I saw the knights in armor come…”). Montagnes de gres, eboulis, torrents. Puis des hauts plateaux a 5000 feet, habites d’etranges cactus, baptises par nous les ’star wars trees’. Nous filons en ce moment meme entre deux bandes de montagnes, vers le nord. Je ne voudrai pas tomber en panne seche ici. Elle me dit que son bras brule a travers la vitre ouverte. Il fait effectivement tres chaud; quelques maigres nuages s’etirent dans le ciel. Des traces d’avions, peut-etre meme. Le soleil a l’air gigantesque ici.

Bakersfield, matin.

Sunday, March 21st, 2004

La ville sent la bouse de vache. Il fait chaud. Motel un peu vieillot… Drole de soiree. C’est samedi soir, alors les jeunes fous du coin (rappelons que le groupe Korn vient de Bakersboule) ont sorti les bolides polishes-mastiques pour se la jouer cowboys. Reveilles par des gamines sous notre fenetre, apres une nuit chaotique. Plus de courant. Plus d’eau chaude. Il restait du cafe tiedasse a la reception, des bagels, et quelques fruits a mouches. Quittons les lieux. Vite.

I-5, vers Bakersboule

Saturday, March 20th, 2004

Nous voila partis pour notre petit periple au pays du cowboy poilu. Valise bouclee. Le temps de passer prendre du petrole et on se lance vers le sud. Cinq heures de route nous separent de notre prochaine etape: Bakersfield. Une sorte de ville merdique posee la, sur un tas de poussiere de la Central Valley. On ne passe par-la que pour la nuit, avant de pousser plus loin demain matin. On ne sait pas trop ou on va dormir; les motels ne manquent pas par ici. En attendant d’y etre, le soleil se couche sur les cretes ourlees d’or, et nous filons a bonne allure sur le ruban chaud. On a prepare deux flip-flaps de CD, des M&M’s, et on se raconte nos souvenirs de college, quand on prenait le bus pour aller a l’ecole.

goutte d’eau

Monday, August 18th, 2003

goutte apres goutte, de la cime du ciel vers les profondeurs infernales — de long traits d’eau qui sifflent et mouillent la poussiere. la pluie en aout, c’est comme l’odeur de guepe ecrasee: ca rappelle la rentree des classes, misere de malheur. il devrait y avoir un nom pour la phobie de la rentree des classes. la rentrophobie. tiens, un truc marrant: je suis alle voir boney m, place stan. ben ca alors, si je m’etais attendu. c’etait “familial”, pour ne pas dire bidochonnesque; comme dans la chanson de benabar, a manger de la glace avec un pull autour du cou. il y avait du monde, beaucoup de monde singulierement. ca donnait a la ville un petit cote station balneaire. d’ailleurs, je persiste a trouver que nancy est -de loin- la ville la plus mediterraneenne du nord-est de la france. c’est ce que j’y aime d’ailleurs.