Ca y est. J’ai denoue le noeud de ma cravate, j’ai remise mon costard pour un an. Mon meeting avec les sponsors est fini. Le temps de deux journees, on se sent soudainement envahi par le syndrome du jeune yuppie, qui carbure au cafe (et encore, le cafe, c’est la version soft) et qui parle beau dans les reunions importantes. Avec un vieux Powerpoint et des idees qui vont changer le monde, on peut aller tres loin.
La palme de l’originalite, cette annee, revient a la delegation chinoise (Petrochina en force) venue nous honorer de son humble presence: traduction simultanee en chinois, prise intempestive de photos, et surtout absence de contacts avec les non-chinois du departement. L’impression bizarre que le fosse culturel va bien au-dela de l’incomprehension linguistique. C’est un peu comme les pubs affiches en bas de chez moi, ecrites tout en ideogrammes. Ca doit etre tres prive. Enfin bon. Cela ne fait que confirmer le post precedent; something big is going to happen, comme dit Thom Yorke.
Sinon, l’ami Bill part a Nancy demain, le veinard. H est en France aussi en ce moment. Nostalgie. Hier soir, apres avoir ete dine avec le ban et l’arriere ban, on a ete boire un coup; Rami (canadien-jordanien diabetique hyper-pushy), Jonas (suedois-Nick-Caviste), Soizic (cordon bleu de la gentillesse) et moi. Le silence a vite pris le pas sur les mots. Dans ce bar rempli de Californiennes super bien foutues, entourees de mec au sourire de gros baby baraque, j’ai ete effleure par une legere ecume de solitude. Fine, mouvante, et un peu amere.