Si tu me lis depuis quelques temps, tu sais que j'ai aime ecouter le dernier album d'Air. Je ne saurais meme pas vraiment dire pourquoi, tant il ne s'agit pas vraiment de ce que j'ecoute habituellement. Je crois que c'est le son bien poli d'Air sur la voix rapee et seche de Jarvis Cocker qui me plait, pour une fois qu'il ne s'encombre pas d'une reverb de cathedrale. Bref, nous voila, Helene, Selima et moi, partis pour voir Air a quelques blocs de chez nous, dans un "auditorium". Oui mossieur. Le Versaillais ne souffre pas de jouer dans un bistrot sordide, diantre non.
Il s'agissait pour le coup d'une salle calibree pour recevoir ces artistes de jazz qui cherchent le son chaud des parquets anciens et les echos confortables des voutes profondes, une salle a l'architecture pensee, ajouree, precise. Un peu comme leur musique. Finalement, on a eu droit a un spectacle total. Je ne leur ferais pas l'insulte de parler d'un "son et lumieres", ce serait trop connote. Parlons plutot de spectacle "moderne". Je crois qu'ils aiment assez s'inscrire dans une perspective de "modernite" qui ne se definit pas de facon symptomatique par les ajustements des canons du passe. Une musique qui n'a pas de style, mais qui se soucie du design, si vous voyez la nuance. Il s'agirait de rendre a cette temporalite meublee de sons sa fonction utilitaire.