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Impressions argentines

Buenos Aires en aout, c'est la fin de l'hiver. Il fait frisquet avec un beau petit soleil rasant, et les caballeros s'installent aux terrasses, manteaux, chapeaux, espresso. Pres du cimetere des Recollets, dans le calme antique des tombeaux, on entend le printemps sourdre et le ronron des chats de cimetiere couvre le bruit des vieilles Peugeot qui criquettent dans les rues attenantes.

La perspective qui encadre le paysage dans lequel se plante l'Obelisco s'etire comme un long et large lezard. Sur les diagonales, les vendeurs de fleurs, de cartes postales, et de cacahuetes grillees, roucoulent sur fond de radio futbol. Les filles de tous ages sont fines. L'arete de leur nez coupe le vent. Les garcons ont de grands bras et des airs de petits pur-sangs.

Dans la pizzeria d'a cote, chez Romario, on joue les Cure a fond la caisse. La Brahma vendue a la choppe et -mieux encore- en bouteille coule fraiche et legere, avec un arriere gout de ferraille ou de sang caille. Le long du mur du cimetiere des Recollets, on croque dans de bons empanadas bien chauds, et les eclats de rires des gourmands prennent vie sous la forme de petits nuages de vapeur qui disparaissent aussitot.

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