Massive Attack at the Warfield

J'ai été voir Massive Attack hier soir au warfield avec Mo. La salle était pleine à craquer, la scène aussi: dix musiciens. Bien sûr, Robert Del Naja était là, tout en finesse et en énergie, ainsi que Grant Marshall, quel géant lui. Quand les roadies sont venus pour installer les quatre pieds de micro sur l'avant scène, on se demandait bien pourquoi le micro était placé si haut, bien au dessus de la tête du monsieur qui préparait la scène. Quand Grant Marshall est arrivé sur scène, il a dû monter le micro encore un peu. J'ai lu quelque part qu'il mesurait sept pieds. Autant vous dire, un gratte-ciel. Martina Topley Bird était là aussi, maquillée avec un masque de zorro rouge pailleté. Horace Andy, classe en costume noir, et Deborah Miller en robe de diva complétaient le tableau. La formation était soutenue par cinq solides musiciens inconnus au bataillon: deux batteurs (l'un sur des pads, l'autre sur une caisse en plexiglass), un bassiste redoutablement fort, un guitariste, et un clavier bien multitâche. Le répertoire de Massive Attack a été ainsi servi sur un plateau d'argent. Le dernier album (phénoménal), l'entre-deux (avec Angel, ou Teardrop, le générique de House pour les serie-maniaques), et l'ancien avec Karmacoma ou Safe from Harm. Tout y est passé. En fond de scène, des panneaux d'affichages LED style aéroport faisaient défiler des dépêches, des statistiques, des informations, des images pixélisées. Je crois que Massive Attack est sûrement le groupe qui marie le mieux intelligence et énergie. Il y a un côté mystique et ultra-rationel dans leur façon de jouer, d'être complices, chaleureux entre eux et avec le public, tout en faisant gronder les grosses basses et les résonances de cave d'immeubles bristoliens. Aux anges, vraiment.