Summer of Love 2007
Petite video du concert hommage aux quarante ans du Summer Of Love. Si vous etes en France et qu'il vous arrive de regarder Arte, vous etes incollables sur le sujet. Sinon, pour les autres, il s'agit de celebrer le concert seminal du mouvement hippie, dans la suite du mouvement Beat, et en prelude a tous les mouvements contestataires et liberateurs de la fin des annees soixante.
A l'origine de ces mouvements, la jeunesse du babyboom, nombreuse et bien portante, voulant se liberer du joug conservateur de l'apres-guerre. Apres le Rock dans les annees cinquante, la poesie Beat dans le debut des annees soixante (Sur la Route, Jack Kerouac), une foule de jeunes americains convergerent vers San Francisco pour assister au festival de "jazz" de Monterey . Ils y decouvrirent Hendrix, le Jefferson Airplane, Janis Joplin, Canned Heat, tout un monde musical et artistique propulse par toutes sortes de nouvelles drogues hallucinogenes vendues et consommees librement pour ouvrir les portes de la perception. L'ete qui a suivi a transforme ce concours de circonstances en mouvement planetaire. On veut la paix (les guerres post-coloniales et anti-communistes font rage), la liberte d'expression, de creation et de jouissance, et une recanalisation de la pression sociale vers des oeuvres epanouissantes, melant candidement les philosophies occidentale et orientale.
En 2007, les baby-boomers toujours aussi nombreux et bien-portants, revoient leurs ambitions a la baisse. L'age aidant, ils comptent sur leurs bonnes retraites, fondues dans un cadre assez agreable de confort materiel et d'acces facile aux loisirs. Meme si certaines avancees notables leurs sont dues, tous les espoirs de 1967 ne se sont visiblement pas concretises. Les annees 70 ont vite dechanté, et le marasme conservateur des annees 80 a definitivement enterre le reve hippie. Les voila donc, ces enfants fleurs, quarante ans plus tard, convaincus que les problemes de 2007 sont identiques en tous points a ceux de 1967, et s'attribuant pour le coup, voix au chapitre.
De notre cote, on goutte a tout cela tranquillement, avec recul. Meme si je suis ne a quelques semaines de la fin des 70's, j'en ai garde le gout des gros festivals de plein air, des artistes militants, de la musique qui engage, spirituellement, politiquement, ou artistiquement. Donc j'ai deguste tout ca, tranquille, et je me suis souvenu de toutes ces images televisuelles qui, jeune adolescent, me fascinaient.